Salaire minimum en RDC en 2026 : ce que prévoit le Décret n° 25/22 du 30 mai 2025

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Depuis le 1er janvier 2026, un nouveau barème du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) est officiellement applicable en République Démocratique du Congo. Cette évolution résulte du Décret n° 25/22 du 30 mai 2025, publié au Journal Officiel, qui fixe le salaire minimum, les allocations familiales minimales ainsi que la contre-valeur du logement.

Cet article vous explique de manière claire et juridique les principales dispositions du décret, en mettant un accent particulier sur l’article 3, qui consacre l’entrée en vigueur effective du nouveau taux du SMIG en 2026.

1. Objet du Décret n° 25/22

Conformément à son article 1er, le décret a pour objet de fixer :

– le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) ;

– les allocations familiales minimales ;

– la contre-valeur du logement.

Il s’inscrit dans la politique de protection du pouvoir d’achat des travailleurs et d’amélioration des conditions de vie des familles congolaises.

2. Le taux journalier du SMIG : principe général (article 2)

L’article 2 du décret établit le taux journalier du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti à :
– 21.500 Francs congolais (CDF) pour le travailleur manœuvre ordinaire.

Ce taux constitue la base de calcul du salaire minimum applicable à tous les travailleurs relevant du droit du travail, sous réserve des classifications professionnelles prévues dans les annexes du décret.

3. L’ARTICLE 3 : la disposition clé applicable en janvier 2026

L’article 3 du Décret n° 25/22 prévoit une application progressive du SMIG en deux phases :

▶ Phase 1 : Mai 2025

À partir de la paie du mois de mai 2025, le SMIG journalier était fixé à 14.500 CDF.

▶ Phase 2 : Janvier 2026 (situation actuelle)

À partir de la paie du mois de janvier 2026, le SMIG journalier est porté à 21.500 CDF.

Conclusion juridique :

Depuis janvier 2026, tout employeur est légalement tenu de payer au minimum 21.500 CDF par jour au travailleur manœuvre ordinaire.

Toute rémunération inférieure constitue une violation du décret, susceptible d’engager la responsabilité de l’employeur devant les services de l’Inspection du Travail et les juridictions compétentes.

4. Champ d’application (article 4)

L’article 4 précise que la tension salariale en vigueur s’applique à la fixation du SMIG pour le travailleur manœuvre ordinaire et pour le cadre de  collaboration.

Cela signifie que le SMIG constitue le socle minimum, auquel s’ajoutent les majorations liées :
– à la qualification professionnelle,
– à la catégorie,
– à l’échelon, conformément aux grilles figurant dans les annexes I et II du décret.

5. Allocations familiales minimales (article 5)

L’article 5 fixe le montant journalier des allocations familiales par enfant à :
1/27ᵉ du salaire minimum journalier du travailleur manœuvre ordinaire.

Ainsi, depuis janvier 2026, avec un SMIG de 21.500 CDF, l’allocation familiale journalière minimale par enfant est calculée sur cette base.

Ces allocations sont obligatoires et doivent être intégrées dans la rémunération globale du travailleur ayant des enfants à charge.

6. Contre-valeur du logement (articles 6 et 7)

Article 6

La contre-valeur du logement correspond à la quotité saisissable par l’employeur, calculée sur base des allocations familiales.

Article 7

La valeur :

– hebdomadaire,

– mensuelle,

– et annuelle

– du SMIG, des allocations familiales et de la contre-valeur du logement est obtenue par ultiplication respectivement par :

– 6 (semaine),

– 26 (mois),

– 312 (année).

7. Protection des droits acquis (article 9)

L’article 9 est fondamental en matière de droit du travail :

Aucune disposition conventionnelle ne peut restreindre les avantages individuels acquis par les travailleurs, résultant d’un accord ou d’un arrangement entre parties.

Autrement dit, si un travailleur bénéficiait déjà d’un salaire ou d’avantages supérieurs au SMIG, ceux-ci ne peuvent être réduits sous prétexte de l’application du décret.

8. Annexes : grilles salariales applicables en 2026

Le décret est accompagné de :
– l’Annexe I : applicable de mai 2025 à décembre 2025 ;
– l’Annexe II : applicable à partir de janvier 2026.

Ces annexes précisent les salaires selon :
– la catégorie professionnelle (manœuvre, ouvrier spécialisé, qualifié, etc.) ;
– l’échelon ;
– la classe ;
– ainsi que les montants des allocations familiales et de la contre-valeur du logement.

En 2026, c’est exclusivement l’Annexe II qui fait foi.

9. Conséquences juridiques pour les employeurs et les travailleurs

Pour l’employeur

– Obligation de payer au moins 21.500 CDF par jour à partir de janvier 2026.

– Risque de sanctions administratives et judiciaires en cas de non-respect.

– Possibilité de réclamations rétroactives par les travailleurs.

Pour le travailleur

– Droit de réclamer la mise en conformité du salaire avec l’article 3.

– Possibilité de saisir :

– l’Inspection du Travail,

– ou les juridictions du travail.

Conclusion

Le Décret n° 25/22 du 30 mai 2025 marque une étape majeure dans l’évolution du droit du travail en RDC.
Mais c’est surtout l’article 3 qui doit retenir l’attention en janvier 2026 :

Le SMIG est désormais fixé à 21.500 CDF par jour.

Cette disposition est d’application obligatoire pour tous les employeurs. Son non-respect constitue une infraction au droit du travail et ouvre la voie à des actions en régularisation salariale.

Pour un avis juridique personnalisé sur l’application du Décret n° 25/22, vous pouvez nous écrire à contact@maxencekiyana.com .

Le cabinet de Maître Maxence Kiyana reste disponible pour toute demande d’éclairage fondée sur le droit en vigueur.

Me Maxence Kiyana

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