Sel de la terre et Lumière du monde : L’Urgence du Témoignage Chrétien selon Luka Lusala lu ne Nkuka, SJ
Dans son homélie pour le 5e dimanche du temps ordinaire (Année A), le Père Luka Lusala lu ne Nkuka, SJ, nous invite à une réflexion profonde sur la responsabilité du chrétien dans la société actuelle. S’appuyant sur les textes d’Isaïe, de saint Paul et de l’Évangile de Matthieu, il explore les métaphores du sel et de la lumière pour définir l’essence même du témoignage.
1. Le Témoignage : Un Devoir d’Édification
Pour le Père Luka Lusala, témoigner consiste à vivre ou à dire ce que l’on a vu ou entendu. Cependant, ce témoignage ne doit pas être vain : il doit être édifiant.
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Apporter la guérison : S’appuyant sur un proverbe kongo (Baka n’kenda, tela mbefo), l’auteur rappelle que partager les « nouvelles » de la rencontre spirituelle permet de « guérir » ceux qui étaient absents et de construire la société.
- Éviter la malveillance : À l’inverse, colporter ce qui n’édifie pas est un « mauvais témoignage ». Un proverbe shi souligne cette responsabilité : celui qui transmet une injure est celui qui injurie.
2. Être le Sel : Donner du Goût et Préserver
Le sel est essentiel mais nécessite un dosage précis. Le Père Luka Lusala développe deux aspects majeurs de cette métaphore :
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Le dosage de l’expérience : Tout comme les mères dosent le sel par expérience et avec un « bon cœur », le chrétien doit apporter au monde un goût « bien dosé » pour le rendre vivable.
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L’identité chrétienne : Historiquement, dans l’ancien empire du Congo, demander « as-tu été baptisé ? » se disait « as-tu mangé du sel ? ». Le sel symbolise ici la pureté de la foi et la protection contre les ennemis de la vie.
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Le modèle du Christ : Ce dosage vient de notre familiarité avec le Seigneur. Citant un proverbe kongo (Ce que mange la chèvre, c’est ce que mange le chevreau), l’auteur explique que le disciple doit se modeler jour après jour sur l’image du Maître, le Christ.
3. Être la Lumière : Guider dans les Ténèbres
La lumière ne sert à rien si elle est cachée ; elle est faite pour éclairer et orienter.
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La juste mesure : Trop de lumière peut aveugler. L’auteur invoque la sagesse égyptienne des Maximes de Ptahhotep : « observe la vérité, ne la dépasse pas ».
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Chasser l’obscurité sociale : Le monde souffre de « ténèbres » telles que l’égoïsme, le mensonge, la corruption et la guerre. Le baptême nous a « allumés » par la puissance du Saint-Esprit pour aider le monde à trouver la bonne direction.
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La capitale du Zimbabwe : L’homélie mentionne que le nom Harare signifie « celui qui ne dort pas », en référence au gardien du feu qui guidait les voyageurs. C’est là le rôle du chrétien : être un guide nocturne.
4. Un Engagement important pour le Salut
En conclusion, la qualité de notre vie chrétienne se révèle dans notre relation aux autres, particulièrement envers les nécessiteux.
Citant le livre d’Isaïe, le Père Luka Lusala martèle que nous ne devons pas nous dérober à notre semblable. Par des petits gestes de bonté, nous devenons la « lumière du matin » (Nabwine bwaca) qui redonne vie et espoir. Notre témoignage n’est pas une option, il est crucial pour le salut du monde.
Source : Homélie du Père Luka Lusala lu ne Nkuka, SJ, pour le 5e dimanche du temps ordinaire A (Kimwenza 2026) à télécharger ici ➡️ 5e dimanche du temps ordinaire A⬅️
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Me Maxence Kiyana



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