Guérir de nos aveuglements : Méditation pour le 4e dimanche de Carême

Le quatrième dimanche de Carême, traditionnellement appelé « dimanche d’Israël et de l’Aveugle-né », nous place face à une réalité humaine universelle : l’incapacité de voir. À travers les textes de Samuel, de saint Paul et l’Évangile de Jean, le Père Luka Lusala nous invite à identifier nos zones d’ombre pour laisser entrer la lumière du Christ.

1. Les multiples visages de l’aveuglement

L’aveuglement ne se limite pas à la perte de la vue physique. Le Père Luka souligne qu’il s’agit souvent d’une incapacité figurative d’agir autrement que par habitude. Il distingue plusieurs formes de cécité qui peuvent nous lier :

  • L’aveuglement intellectuel : Rester prisonnier de vieux modèles ou paradigmes.

  • L’aveuglement affectif : Perdre son objectivité par excès d’amour ou de haine.

  • L’aveuglement psychologique : Ne plus voir que le mauvais côté des choses à cause des préjugés.

  • L’aveuglement moral et spirituel : Ne plus savoir distinguer le bien du mal ou le vrai du faux.

Comme le disent les proverbes africains, ces habitudes prises dès l’enfance peuvent nous rendre « non-corrigibles » si nous n’y prenons garde.

2. Comment apprendre à « bien voir » ?

Même les plus grands, comme le prophète Samuel, peuvent se tromper en se laissant guider par les apparences superficielles. Pour guérir, l’homélie propose deux conditions essentielles :

A. L’écoute de Dieu

Dieu ne regarde pas l’apparence, mais le cœur. Samuel a dû apprendre à ne pas être pressé et à écouter la voix divine pour choisir David, le plus jeune fils de Jessé, que tout le monde avait oublié. En acceptant de regarder avec des « yeux purs », la beauté intérieure devient enfin visible.

B. La collaboration active

Dans l’Évangile, Jésus utilise la boue pour recréer la vue de l’aveugle, mais il lui demande d’aller se laver à la piscine de Siloé. La guérison exige que nous prenions une part active : nous devons adopter et intérioriser le changement pour progresser véritablement.

3. Les dangers de l’obscurité

Refuser la lumière de Dieu mène inévitablement à deux types de rejets :

  1. Le rejet de Dieu : À l’image des pharisiens qui, par intérêt personnel, préfèrent ne pas mêler Dieu à leurs affaires.

  2. Le rejet de l’homme : L’aveuglement mène à l’égocentrisme. On devient incapable de ressentir la souffrance de l’autre ou d’entendre ses cris.

4. Devenir « Fils de la Lumière »

Accepter Jésus dans sa vie transforme radicalement notre existence. Selon saint Paul, celui qui suit le Christ ne se contente pas de voir la lumière : il devient lumière.

Cette transformation se reconnaît à des fruits concrets : la bonté, la justice et la vérité. Être un chrétien « éveillé », c’est faire de son mieux pour que la malhonnêteté et le mensonge ne prennent pas le dessus.

Conclusion

Le Carême est une invitation à se prosterner, comme l’aveugle guéri, pour demander à Dieu de nous illuminer davantage.

Tiré de l’homélie du Père Luka Lusala lu ne Nkuka, SJ. A télécharger ici ➡️ 4e dimanche de Carême A⬅️

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Me Maxence Kiyana

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