La Vocation : Un Appel à se Dépasser et à Écouter le Christ

Dans une homélie profonde pour le 2e dimanche de Carême, le Père Luka Lusala lu ne Nkuka, SJ, nous invite à explorer la richesse du concept de « vocation » à travers les Écritures et la sagesse africaine. Loin d’être une simple inclination personnelle, la vocation est présentée comme un mouvement divin qui nous pousse à sortir de nos zones de confort pour embrasser un projet plus grand.

Qu’est-ce que la vocation ?

Étymologiquement, le mot vient du latin vocatio (« appeler »). Sur le plan religieux, il s’agit d’un « mouvement intérieur par lequel on se sent appelé par Dieu ».

L’homélie souligne que cet appel est universel :

  • Abraham reçoit l’ordre de partir vers un pays inconnu.

  • Saint Paul rappelle que Dieu nous donne une « vocation sainte » par pure grâce.

  • Les disciples (Pierre, Jacques et Jean) sont mis à part par Jésus pour assister à sa Transfiguration.

Surmonter les blocages : Le défi du dépaysement

Nous sommes souvent limités par des facteurs biologiques, sociaux, psychologiques ou intellectuels qui teintent notre vision du monde. Le Père Luka prévient : s’enfermer dans ces cadres mène aux préjugés et détruit l’harmonie.

Pour répondre à l’appel de Dieu, deux mouvements sont nécessaires :

  1. Se laisser délocaliser : À l’instar d’Abraham quittant la Chaldée, nous sommes appelés au détachement. Comme le cite l’auteur en s’appuyant sur Martin Heidegger : « C’est dans le dé-paysement que se révèle le pays ».

  2. Se laisser porter sur les hauteurs : Quitter la « vallée » de nos certitudes pour la « montagne » permet de voir le monde avec plus de grandeur et de pureté.

Comment vivre concrètement cet appel ?

L’homélie propose trois piliers pratiques pour guider notre marche de Carême :

1. L’écoute active

Écouter le Christ ne signifie pas seulement entendre, mais mettre en pratique. Saint Paul insiste d’ailleurs sur le fait que la justification vient de la mise en pratique de la loi, et non de la simple écoute.

2. L’acceptation de la souffrance

Le chemin de l’Évangile rencontre souvent l’hostilité d’un monde qui « n’aime pas ceux qui aiment le progrès ». L’auteur cite ici un proverbe Bashi : « Orhacifunyiri alabarwa » (Si tu ne fais pas attention, on t’écrase). La prudence et la force de Dieu sont alors nécessaires.

3. La force de la discrétion

À l’image de Jésus demandant aux disciples de se taire après la Transfiguration, nous devons apprendre la tempérance de la parole. Trop souvent, nos paroles blessent ou déforment la réalité. Le Père Luka rappelle ce conseil de Saint Ignace de Loyola : « l’amour doit se mettre dans les actes plus que dans les paroles ».

La force de la communauté et la confiance en Dieu

Personne n’est seul dans sa vocation. La sagesse Mashi nous enseigne que « Rugenda banga, burhali bwoba » (Aller ensemble, enlève la peur). Abraham avait Loth, et Jésus avait ses trois amis sur la montagne.

Enfin, la certitude que Dieu voit tout (« Kalunga mwasi kena » en kikongo) et qu’il nous accompagne (« Relevez-vous et n’ayez pas peur ») doit être le socle de notre confiance.

Référence : Homélie du Père Luka Lusala lu ne Nkuka, SJ, pour le 2e dimanche de Carême (Kimwenza, 2026) à télécharger ici ➡️ 2e dimanche de Carême A ⬅️ 

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Me Maxence Kiyana

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