L’Ascension du Seigneur : Entre Souveraineté Divine et Engagement Terrestre
La célébration de l’Ascension du Seigneur ne marque pas une simple absence, mais une étape importante de la foi chrétienne. Intimement liée à la Résurrection, elle représente l’accomplissement de la Pâque et le retour glorieux de Jésus vers son Père. À travers les textes de cette solennité, un thème central se dégage : la souveraineté.
Qu’est-ce que la véritable souveraineté ?
Le concept de souveraineté, souvent perçu sous un angle politique, possède une profondeur étymologique et spirituelle riche :
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Étymologie latine : Le mot vient du latin médiéval superanus, dérivé du latin classique superus, signifiant « supérieur ».
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Dimensions multiples : * En morale, il désigne le « souverain bien », référence absolue pour le vivre-ensemble.
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Dans la chrétienté, le « souverain pontife » agit comme chef suprême de la hiérarchie pour organiser l’Église et enseigner les fidèles.
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En politique, il qualifie les États indépendants ou les monarques (rois, empereurs) qui dirigent sans recevoir d’ordres.
- Sagesse africaine : En égyptien ancien, le mot ity (souverain) a donné en kikongo le verbe yàala (régner, conduire) et le substantif yàadila, désignant celui qui a de l’emprise sur lui-même et sur son destin.
En somme, être souverain, c’est être au-dessus des autres tout en offrant une vision et une direction claire.
Le Christ : Une souveraineté absolue sur l’univers
Les Écritures affirment que Jésus possède la souveraineté totale. Saint Paul explique aux Éphésiens que Dieu l’a établi au-dessus de toutes les puissances, qu’elles soient présentes ou à venir. Jésus lui-même le confirme dans l’Évangile de Matthieu : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre ».
Cette autorité fait du Christ la « tête de l’Église », son corps mystique auquel appartiennent tous les croyants. Il est important de noter que ce peuple de Dieu n’a pas choisi le Christ par lui-même ; c’est Jésus qui, dans son amour, a élu ses disciples pour qu’ils portent du fruit.
Les quatre piliers de la vie du croyant
Si le Christ règne, quelle est notre part de responsabilité ? Selon saint Paul, notre rôle est de prier pour que Dieu illumine nos cœurs. Cette illumination passe par quatre demandes concrètes :
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L’Esprit de sagesse : Indispensable pour bâtir des familles solides, des communautés justes et des services de qualité.
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La compréhension de l’espérance : Comme le dit le proverbe bakongo, « Dya n’siuka makani nkokila » (Mange le matin en pensant au soir). L’espérance protège du découragement et permet de progresser au-delà des circonstances immédiates.
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L’héritage du bien : Le dicton shi « Olabarhe nka mfula » invite à marcher avec l’assurance d’un héritier. Cet héritage, c’est le Bien, que nous avons la responsabilité de multiplier dans le monde à l’exemple de Jésus.
- La puissance divine : Face aux forces qui menacent de détruire nos vies et nos familles, nous trouvons en Dieu la force de résister.
Trois pièges à éviter pour le chrétien
Pour vivre pleinement cette mission après le départ de Jésus, l’homélie nous met en garde contre trois attitudes :
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L’évasion : Regarder tellement le ciel que l’on en oublie nos devoirs concrets sur terre.
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La curiosité excessive : Prétendre tout comprendre et percer tous les mystères de l’existence.
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Le doute : Croire que le Seigneur nous a abandonnés par son Ascension.
En évitant ces écueils et en nous soumettant à la souveraineté du Christ, nous devenons capables de faire, de toutes les nations, des disciples.
D’après l’homélie de Luka Lusala lu ne Nkuka, SJ (Amani 2026) à télécharger ici ➡️ Dimanche de l’Ascension A⬅️
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Me Maxence Kiyana



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