La Libération Pascale : Sortir de nos tombeaux pour « voir le jour »
Le troisième dimanche de Pâques, souvent appelé « dimanche des apparitions », nous plonge au cœur d’une thématique universelle et profonde : la libération. Plus qu’un simple concept philosophique, la libération est ici présentée comme une véritable résurrection, une sortie hors des situations les plus sombres de l’existence humaine.
1. La symbolique de la « Sortie au jour »
Pour comprendre la portée de cette libération, il est fascinant de se pencher sur la pensée des anciens Égyptiens. Ces derniers utilisaient l’expression prt m Hrw (peret m herou), signifiant « la sortie au jour », comme synonyme de résurrection.
Cette primauté du jour sur la nuit se retrouve d’ailleurs dans la sagesse bantoue :
-
Linguistique : Contrairement aux langues européennes, on dit « nuit et jour » (mpimpa ye mwini en kikongo), car le jour est perçu comme une libération des incertitudes de la nuit.
- Espérance : Dire « J’ai vu le jour » (Nabwine bwaca en Bashi) est la réponse matinale à celui qui demande des nouvelles, marquant ainsi le recouvrement de la liberté et l’épanouissement.
2. Identifier nos prisons intérieures
La libération suppose l’existence d’une prison. Mais quelle est-elle dans notre vie quotidienne ? Selon l’homélie, notre prison est faite de désespoir, de manque de confiance en Dieu, en soi et en autrui. Saint Pierre qualifie cet état de « vie sans but ».
L’épisode des disciples d’Emmaüs illustre parfaitement les trois symptômes de cette détention spirituelle :
-
Le découragement (discuter sans issue) : Les disciples marchent en débattant, cherchant souvent des coupables à leurs échecs plutôt que des solutions.
-
L’aveuglement spirituel : Submergés par leurs problèmes, ils ne voient plus le bien autour d’eux et parlent de Jésus uniquement au passé (« il était un prophète »), oubliant que le Libérateur marche à leurs côtés.
- La tristesse et la dépression : Comme des « feuilles mortes », ils perdent le goût de vivre et ne peuvent plus offrir de joie aux autres
3. L’illusion des fausses libérations
Face à ce désespoir, la tentation est grande de se tourner vers des solutions éphémères. Saint Pierre nous avertit pourtant : ce n’est ni l’or ni l’argent qui nous libèrent.
« À quoi peuvent servir les richesses si l’on manque de vision et si l’on n’est pas animé par la charité ? ».
La véritable libération ne repose pas sur les biens matériels, qui peuvent devenir de nouvelles prisons, mais sur le « sang précieux du Christ », symbole d’un don de soi total et pur.
4. Le sursaut de la foi : « Reste avec nous »
Le basculement s’opère lorsque nous avons le « sursaut de la foi » pour inviter le Christ à entrer dans nos ténèbres. Le cri des disciples, « Reste avec nous : le soir approche », est l’étincelle qui permet de sortir du tombeau.
La libération se manifeste alors par deux actions concrètes :
-
Se lever : À l’instant même de la rencontre, les disciples se lèvent pour retourner à la vie et à la communauté (Jérusalem).
-
Prendre la parole : À l’image de Pierre qui se tient debout avec assurance, celui qui est libéré retrouve une voix forte et une confiance en soi retrouvée, dépassant ses bégaiements intérieurs.
Conclusion : Vivre en hommes libres
Être libéré par le Christ nous appelle à un nouveau mode de vie défini par deux piliers :
-
La crainte de Dieu : Non pas la peur, mais le respect des commandements et la priorité donnée à Dieu sur nos intérêts personnels.
-
L’allégresse et l’espérance : Cultiver une joie contagieuse pour construire une société où chacun se sent valorisé.
La présence de Dieu dans notre vie n’est pas une simple idée, c’est une force qui doit nous procurer réconfort et transformer notre regard sur le monde.
D’après l’homélie de Luka Lusala lu ne Nkuka, SJ (Kimwenza, 2026). A télécharger ici ➡️3e dimanche de Pâques A⬅️
Cet article vous a été utile ?
Les articles publiés sur le site maxencekiyana.com sont librement accessibles au public. En revanche, tout avis ou conseil juridique personnalisé constitue une consultation professionnelle et est, à ce titre, soumis à honoraires.
Me Maxence Kiyana



Laisser un commentaire