Jésus, le « Mbandu » et « N’songi » : Redécouvrir le Bon Pasteur avec le Père Luka Lusala
Le quatrième dimanche de Pâques est traditionnellement célébré dans l’Église comme le « dimanche du Bon Pasteur ». Dans son homélie donnée à Kimwenza en 2026, le Père Luka Lusala, SJ, nous invite à une méditation profonde sur la figure de Jésus, non seulement comme protecteur, mais comme modèle et guide suprême du croyant.
1. L’étymologie au service de la Foi : Mbandu et N’songi
Pour saisir la profondeur de la mission du Christ, le Père Luka puise dans la richesse de la culture kikongo et les racines de l’Égypte ancienne.
Le Modèle (Mbandu)
En kikongo, le mot modèle se dit mbandu. Ce terme porte en lui les idées de cause, de commencement et de mesure. Étymologiquement lié au mot égyptien pAt (antiquité), il suggère que ce qui est ancien sert de référence au nouveau. Suivre ce modèle, c’est refuser l’anarchie pour embrasser la noblesse d’une humanité juste.
Le Guide (N’songi)
Le guide est désigné par le mot n’songi, qui signifie également « honnête », « juste » et « droit ». Ce mot est lié à la notion de pointe ou de flèche (swnt en égyptien), symbolisant une direction indiquée avec une précision absolue, sans risque de se tromper.
« Sans initiation, sans modèle, sans guide, on est perdu. »
2. La Porte vs le Bandit : Un miroir de notre société
Le Père Luka souligne une distinction importante faite par Jésus dans l’Évangile de Jean : l’entrée par la porte versus l’escalade par un autre endroit.
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L’homme sans Christ : Celui qui n’entre pas par la porte cache ses intentions. Jésus le qualifie de « voleur » ou de « bandit » dont le but est de voler, égorger et détruire.
- Une réalité actuelle : Cette image du voleur trouve un écho douloureux dans la situation actuelle de la République Démocratique du Congo, marquée par l’injustice et l’occupation.
Face à ce constat, la question des auditeurs de Pierre à la Pentecôte résonne à nouveau : « Frère, que devons-nous faire ? ». La réponse est la conversion : renverser la perspective et se détourner du mensonge.
3. La Transformation par l’Esprit Saint
L’homélie rappelle que le passage de la peur à l’audace n’est possible que par le don du Saint-Esprit. Les apôtres, autrefois paralysés par la culpabilité et la trahison, sont devenus des hommes « debout », parlant d’une « voix forte » après avoir reçu l’Esprit. Ils ont ainsi retrouvé en Jésus leur véritable maître et guide.
4. Les trois visages du Modèle de Jésus
Le Père Luka décline trois dimensions essentielles de Jésus comme modèle pour le chrétien aujourd’hui :
| Dimension | Signification pour le croyant | Référence |
| Le Berger qui entre par la porte |
Il apporte l’harmonie et la paix. Il ne répond pas aux insultes par l’insulte. |
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| La Porte de la bergerie |
Il est le passage qui donne accès à la vie en abondance, à la joie et à la charité. |
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| Le Gardien vigilant |
Il prend des risques pour ceux qu’il aime et nous rassure dans la solitude ou le rejet. |
Conclusion : Tenir bon dans l’épreuve
Suivre le Christ n’est pas un chemin sans risque. Comme le rappelle un proverbe Bashi : « Les gens qui méprisent le roi n’épargneront pas ceux de la cour ». Face aux persécutions et aux souffrances, le chrétien est appelé à « rendre hommage à Dieu en tenant bon ».
L’invitation finale du Père Luka Lusala est une prière pour obtenir la grâce de l’attachement aux commandements du Christ, et particulièrement à l’amour du prochain.
Article rédigé d’après l’homélie du Père Luka Lusala lu ne Nkuka, SJ (2026). A télécharger ici ➡️4e dimanche de Pâques A⬅️
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Me Maxence Kiyana



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